Le végétalisme, pourquoi ?

Souvent, je lis ou j’entends des gens dire que les végétariens/végétaliens/vegans, ils n’aiment pas ça, qu’on n’a qu’à manger ce qu’on veut et laisser les autres faire ce qu’ils veulent faire. Je suis pour un monde libre et pour le respect des choix de chacun, pourtant, je pense qu’être végétalien ou vegan, c’est différent. Sans aller jusqu’à forcer les gens à adopter ce mode de vie, je pense qu’il est important que tout le monde sache les raisons qui peuvent y mener. Dans tous les cas, ça ne peut qu’enrichir votre culture générale.

Pour éviter toute incompréhension, voici les définitions de base :
végétarien : ne mange pas d’animaux, qu’il s’agisse de viande rouge, viande blanche, volaille ou poisson
végétalien (ou végétarien strict) : ne mange pas d’animaux ni de produits issus d’animaux (lait, oeufs, miel,…)
vegan : végétalien qui en plus ne consomme aucun produit issu de l’exploitation animale (cuir, laine, produits testés sur les animaux, cosmétiques,…)

La particularité d’un mode de vie végétalien ou vegan, c’est que ça concerne tout le monde. C’est beaucoup plus qu’un choix personnel, ça concerne bien évidemment aussi les animaux tués et exploités mais également notre planète, tant au niveau environnemental qu’humain. Et la seule raison qu’une personne a à ne pas devenir végétalienne ou vegan une fois qu’elle est au courant de tout ce que ça implique c’est tout simplement des raisons gustatives. Il peut arriver que des personnes aient certaines maladies ou intolérances qui les obligent à consommer des produits d’origine animale mais ces cas de figure sont extrêmement rares.

1 – Mon itinéraire personnel

Ma transition a été facile. Je voulais déjà devenir végétarienne quand j’avais douze ans et la seule chose qui m’en a empêchée était le refus de mes parents. À l’époque, on ne trouvait pas si facilement des informations sur le sujet, je n’étais pas assez indépendante et personne dans mon entourage n’était assez compétent en la matière pour m’orienter. Bref, je suis donc devenue flexitarienne sans le savoir. C’est-à-dire que j’évitais de consommer de la viande quand je le pouvais. Mes parents m’achetaient des burgers végétaux, du quorn et d’autres choses ressemblant assez à de la viande pour les rassurer. Parmi les raisons qui motivaient ce choix, il y avait une question de goût mais également un amour pour les animaux. Néanmoins, je n’étais pas prête à mettre ma santé en péril pour ces raisons. Ensuite, j’ai quitté le domicile familial pour commencer des études supérieures et j’évitais autant que possible de consommer de la viande mais j’aimais quand même cuisiner du poisson et je consommais des plats de viande quand j’allais au restaurant. Bref, je ne me suis pas vraiment posée de questions à ce sujet, je savais que la consommation de viande rouge demandait d’énormes ressources en eau mais je ne me sentais pas concernée comme j’en consommais peu. En ce qui concerne les produits laitiers, je consommais régulièrement du lait de soja nature, vanille ou au chocolat mais je ne refusais pas le lait écrémé dans mes céréales quand on me le proposait. À ce niveau, je n’étais pas complètement persuadée des bienfaits des produits laitiers pour la santé mais je ne les remettais pas en question.

Ensuite, je me suis mise en couple avec quelqu’un qui aimait la viande. Et là, de restaurants en restaurants, ma consommation a commencé à me poser problème. Cette personne m’a un jour parlé de Gary Yourofsky et de l’impact qu’avaient les protéines animales (produits laitiers compris) sur les os. Ca a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. J’ai décidé de devenir végétalienne du jour au lendemain. J’ai commencé à écumer le net pour trouver le plus d’informations possible sur le sujet. Je me suis rendue compte que non seulement devenir végétalienne était possible mais qu’en plus c’était largement souhaitable au niveau environnemental et que, quand c’était bien géré, ça avait des effets bénéfiques pour la santé. J’ai vécu ça comme un défi. Au début, je pensais que je tiendrais un mois et qu’après je retournerais à mon mode de vie antérieur. Finalement, je ne m’imagine pas changer à moins que des raisons médicales sérieuses et spécifiques comme une maladie orpheline ne m’y obligent.

En l’annonçant à mon entourage, les réactions ont été diverses et variées. Et on m’a posé des questions auxquelles je n’avais pas pensé auparavant. J’ai donc commencé à me documenter encore plus et, au fur et à mesure, mes convictions se sont consolidées. Pour moi, être végétalienne n’est pas une mode, c’est véritablement un mode de vie. Si le déclic a pour moi été afin de préserver ma santé, ce n’est pas la raison pour laquelle je continue. La seule raison au final qui fait que l’on reste végétalien ou vegan, c’est le respect des animaux. Pourtant, les raisons environnementales à elles seules sont déjà suffisantes et, comme on le dit dans Cowspiracy, on ne peut décemment pas se revendiquer écologiste si on n’est pas au moins végétalien.

En ce qui concerne le véganisme, je n’en suis pas encore là mais la plupart des produits que j’achète (cosmétiques, nettoyage, vêtements,…) sont vegan. Mais étant donné que le parfait vegan est un vegan mort, je pense que je ne pourrai jamais me définir comme vegan 😉

Pour ceux qui ne sont pas prêts à faire ce grand changement, je ne peux que les encourager à adopter ce mode de vie le plus souvent possible (uniquement chez eux s’ils ne se sentent pas prêts à l’assumer en société) et à devenir, par exemple, un « weekday vegetarian » comme Graham Hill le préconise.

2 – Les raisons écologiques

Parce qu’une image vaut souvent mieux qu’un long discours, voici quelques graphiques :

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L’agriculture (et l’élevage bovin en particulier) est la première cause de déforestation. La situation est particulièrement claire au Brésil, premier exportateur mondial de viande de bœuf, où la forêt amazonienne est dévastée.

3 – Les raisons humanitaires

Les raisons écologiques valent également comme des raisons humanitaires : un meilleur environnement pour l’humain est vital. De plus, il ne faut pas oublier que des pays où les gens ne peuvent manger à leur faim utilisent la production agricole pour nourrir les animaux destinés à la consommation. Il suffit d’un coup d’œil rapide aux graphiques ci-dessus pour se rendre compte du désastre humain que cela implique. De plus, l’installation d’exploitations bovines dans la forêt amazonienne, en plus de détruire la forêt, laisse de nombreux paysans sans terre pour se nourrir et certains perdent la vie en essayant d’en obtenir (voir notamment l’article de Libération à ce sujet).

4 – La santé

Même si tous les médecins ne se sont pas encore intéressés au végétarisme et au végétalisme, ceux qui l’on fait approuvent ce régime alimentaire. Il est aujourd’hui possible d’être végétalien de sa naissance à sa mort. Il est toutefois conseillé de consulter de temps à autre un médecin et/ou un nutritionniste et cela s’avère même primordial dans le cas des jeunes enfants car ils ont des besoins spécifiques.

Pour un adulte, les règles d’un tel régime sont simples : il faut manger varié et en suffisance. Si on ne se sent pas capable d’équilibrer soi-même ses repas, il vaut mieux demander de l’aide à un spécialiste mais ce n’est pas indispensable si on se renseigne suffisamment. La base de l’alimentation quotidienne doit surtout être composée de légumes et aussi de quelques fruits. Il est possible de se contenter de cela si les quantités absorbées sont suffisantes au niveau calorique mais la plupart des personnes ne sont pas prêtes à absorber autant de nourriture et le coût monétaire peut alors être élevé. La solution la plus courante et la plus pratique est donc de compléter son alimentation avec des légumineuses (pois, lentilles, soja, haricots secs ou demi-secs) et des céréales (riz, pâtes, maïs,…). Les champignons sont aussi une source nutritionnelle intéressante. Pour le reste, il n’y a rien de particulier à noter. Il n’est pas recommandé de compléter l’apport calorique par des aliments gras ou des huiles. Bien qu’il soit recommandé de consommer des huiles végétales, il ne faut pas en abuser. Les apports nutritionnels issus des huiles utilisées pour la cuisson et l’assaisonnement sont normalement suffisants.

Un facteur à ne pas sous-estimer est la vitamine b12. C’est une vitamine d’origine bactérienne qu’on ne retrouve actuellement que trop rarement dans les sols. Le bétail en reçoit souvent en complément et il est donc le plus souvent inutile de prendre des compléments de b12 si on mange de la viande. C’est une vitamine dont la carence peut engendrer des dommages irréversibles. La plupart des laits et yaourt végétaux sont supplémentés en b12 et on en trouve également dans certaines levures donc il n’est pas toujours nécessaire de se supplémenter avec des ampoules ou des comprimés. Rien ne vaut une prise de sang pour s’assurer que tout est en ordre à ce niveau. Si vous consommez régulièrement des algues (nori, spiruline ou autres), l’analyse sanguine risque d’être faussée et il vaut mieux demander une analyse plus approfondie. À ce sujet, je ne peux que vous recommander de consulter ce fichier.

En ce qui concerne les produits d’origine animale, nombreux sont les médecins qui recommandent de ne pas manger de viande rouge plus d’une fois par semaine et les produits laitiers comme le lait, le beurre et le fromage, en plus d’être mal tolérés par beaucoup de personnes, sont beaucoup trop gras et mal adaptés aux besoins humains. Le poisson, quant à lui, a récemment était officiellement déconseillé à certaines catégories de personnes comme les femmes enceintes et les jeunes enfants en raison des métaux lourds que l’on y retrouve. Or, même sans être une femme enceinte ou un jeune enfant, je doute qu’ingérer du mercure soit une bonne chose.

5 – Les animaux

Il n’y a pas grand chose à dire à ce sujet car la plupart des personnes sont d’accord pour dire que l’élevage industriel est une horreur. Néanmoins, avec l’augmentation de la population mondiale, il n’y a pas d’autre choix pour le moment si les gens veulent tous continuer à consommer de la viande.

Si on aime les animaux, la question ne se pose pas : on ne les tue pas et on ne les mange pas. Chaque année, ce sont des dizaines de milliards d’animaux qui sont tués pour la consommation humaine. Il faut se rendre compte que ça n’a pas toujours été comme ça car il y avait avant beaucoup moins d’êtres humains sur la planète.

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Et, même sans élevage industriel, consommer des animaux et des produits animaux, c’est cautionner que des animaux meurent pour satisfaire son plaisir. C’est un fait reconnu par de nombreux médecins et diététiciens (l’Association Américaine de Diététique, le docteur Jacqueline André en Belgique et le docteur Jérôme Bernard-Pellet en France pour ne citer que les plus connus) que l’alimentation végétale est possible à n’importe quel âge de la vie et, à moins d’être allergique à TOUS les végétaux, faire le choix de consommer des produits animaux, c’est soutenir le fait de tuer sans autre raison que satisfaire son confort et plaisir personnel. À moins que vous n’habitiez au Pôle Nord ou dans le désert.

5 – Conclusion

Devenir végétarien ou végétalien est loin d’être une mode ou une lubie passagère même si ça peut être le cas pour certaines personnes. Pour la plupart des gens qui font ce choix, il s’agit d’un choix éthique et réfléchi.

Pour quelqu’un qui connaît tous les éléments qui viennent d’être abordés (et il y en a encore d’autres qui n’ont pas été abordés), la question n’est pas « Pourquoi être végétalien ? » mais plutôt « Pourquoi ne pas être végétalien ? ». Et la seule réponse possible est parce qu’on aime trop le goût de la viande ou du fromage. Dans ce cas, des simili existent et ne présentent pas les inconvénients des produits animaux. Et si, vraiment, vous ne pouvez pas abandonner ces produits, pour la planète, pour les êtres humains et pour les animaux, pensez à les limiter, en adoptant au moins le jeudi veggie. Ce ne sera pas suffisant mais il faut un début à tout, non ?


Autres sources en français sur le sujet non citées dans l’article :

http://vegfaq.org/
http://www.viande.info/
http://www.l214.com/
http://www.vegan-france.fr/

Vidéos

Brendan Brazier pourquoi devenir vegan lorsque l’on est un sportif ?

101 raisons de devenir vegan – James Wildman

Livres

Aymeric Caron, No Steak
Catherine Hayel, Vegan, le choix de la vie


Cet article ne se veut pas exhaustif, je me suis efforcée de le faire aussi concis et personnel que possible. Je l’ai écrit car même si la situation a beaucoup évolué ces dernières années, je pense qu’il y a encore des progrès à faire sur la manière dont est perçue la démarche végétalienne et végane. Il y a encore beaucoup de restaurants qui ne comprennent pas cette démarche et dans lesquels aucun plat végétalien n’est à la carte. C’est le seul aspect qui peut s’avérer difficile lorsque l’on choisi ce changement alimentaire mais, malheureusement, c’est souvent le seul que nos amis perçoivent lorsque l’on est avec eux. Cet aspect à lui seul peut en décourager certains car demander au serveur si tel ou tel plat contient de la crème, des oeufs ou de la sauce de poisson ou a été cuit au beurre ou à la graisse animale est parfois plus difficile et plus long qu’on ne l’imagine et peut résulter en d’innombrables aller-retour entre la table et la cuisine. Néanmoins, cela peut-être évité en téléphonant à l’avance au restaurant.

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9 réflexions sur “Le végétalisme, pourquoi ?

  1. Bonjour !
    Je suis ravie d’avoir découvert votre blog, et cette page où tout est dit ! Bravo pour vos recherches et d’avoir rassemblé tout ça ici. Du coup, je me l’imprime, et je relirai ces données plusieurs fois histoire de les connaître par coeur! J’ai un parcours similaire, arrêté la viande à 12 ans. Je pratique une sorte de flexi-végétarisme, je mange parfois du poisson mais de moins en moins suite au dénonciation de greenpeace sur la pêche au thon, et aussi aux révélations concernant la conscience et la sensibilité des poissons… Je me mets à la cuisine végétarienne depuis plusieurs mois, j’ai arrêté les yaourts… Merci beaucoup et bonne continuation !

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    • Ça fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule à avoir entrepris cette démarche 🙂 Il y a encore beaucoup à dire sur le sujet pourtant (en ce qui concerne la santé, les sportifs végétaliens, les techniques de pêche qui vident les océans, la question du spécisme, etc.) mais je ne voulais pas écrire un livre ici 🙂 Bonne continuation en tout cas, j’espère que vous trouverez votre équilibre et je suis contente d’avoir pu vous aider !

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  2. Excellent résumé. Je me retrouve beaucoup dans cet article. C’est concis et précis. Plus de personnes gagneraient à lire et comprendre tout ça.

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  3. Bonjour bonjour,

    Merci cet article très instructif :). Cela me motive encore plus, une fois avoir quitté le domicile parental de me diriger vers le vegan. Aujourd’hui je reste une carniste du au refus des parents car j’ai eu, dans le passé, des troubles alimentaires et notre famille est plus que modeste.
    Cependant, ma mère bouddhiste m’a habitué, à mes 8ans, à manger végétarien sans oeuf, 4 jours par mois.
    Puis, au début de la faculté, j’évitais de trop en consommer préférant les légumes, même inconsciemment mais vraiment avoir encore avoir ouvert les yeux sur être végétalienne.
    C’est en passant par les cosmétiques que j’ai enfin décidé de retirer mes œillères sur la cruauté engendrée sur les animaux. Désormais, depuis un an, je me renseigne, achetant bio et vegan dès que je le peux et débuter par le végétarisme. Même mon compagnon qui est un gros carniste pour me soutenir mangerait de temps en temps végétarien :).

    Ton blog me permet davantage d’avancer mentalement et de garder de quoi faire pour le futur :D. A nouveau merci et hâte découvrir encore plus ce blog.

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    • Bonjour Louise !
      Je suis très contente que mon blog puisse t’aider ! Je rentre en période d’examens donc je risque de poster un peu moins mais ton message m’encourage à continuer et me donne une idée pour un prochain article ! 🙂
      Merci d’avoir partagé ton expérience ! En ce qui concerne ton compagnon, je suis dans la même situation. Le mien consomme toujours des produits issus de l’exploitation animale mais on mange quand même souvent la même chose et il cuisine végétalien de temps en temps.
      Si tu recherches des plats équilibrés et bon marchés, évite les burgers et simili végétaux déjà faits. On peut faire des galettes végétales très bien à base de légumineuses et de céréales et les protéines de soja texturées peuvent aussi être intéressantes.

      Je te souhaite une très belle journée !

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  4. Pingback: Vin et chocolat, le combo gagnant qui allie plaisir et réconfort ! | Une végétalienne

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